Les livres de Panaït Istrati (1884-1935) sont de merveilleux contes, malheureusement trop méconnus. Istrati nous emmène vivre avec lui les aventures des contrebandiers des plaines du Danube, véritables “robins”des steppes. Il nous fait partir à la rencontre du quotidien des habitant.es de la Roumanie du début du XXème siècle, grâce à ses personnages hauts en couleur. Ses livres offrent également des descriptions inoubliables des paysages sauvages de l’est de l’Europe, du delta du fleuve Danube et de ses immenses marécages.

Les textes d’Istrati sont d’une surprenante sincérité. Il est utile ici de préciser leur dimension autobiographique. En effet, Panaït a parcouru de nombreux pays sans un sou en poche (Égypte, Grèce, Suisse, France, Russie etc.). Il a écouté attentivement les contes locaux racontés par son oncle. De surcroît, il exerça une multitude de métiers (docker, photographe ambulant, employé dans une pâtisserie…) avant de devenir peintre en bâtiment. Il cultivera ses amitiés, que ce soit avec d’autres baroudeurs, des sans abris, des vendeurs de bottes ou d’illustres écrivains (Romain Rolland notamment). En bref, voilà de quoi puiser de l’inspiration pour écrire de belles pages !

Opposant farouche à toutes formes d’injustice et défenseur de “ceux qui n’adhèrent à rien”, les uns lui reprocheront ses engagements en faveur des opprimé.es tandis que les autres ne lui pardonneront pas d’avoir dénoncé le “communisme de caserne” au retour de ses voyages en Russie, bien avant André Gide ou Boris Pasternak. Il reste des textes à découvrir ou à redécouvrir, comme Nerrantsoula ou Oncle Anghel. Vous pouvez également vous plonger dans la biographie d’Istrati rédigée par Jacques Baujard (éditée chez Transboréal) et dans les archives publiées par l’association des amis de Panaït Istrati.